Rejoignez Sud Education ou Sud Recherche EPST !

Accueil > L’austérité n’est pas une fatalité > L’enseignement ne doit pas être sacrifié sur l’autel de l’austérité

L’enseignement ne doit pas être sacrifié sur l’autel de l’austérité

lundi 10 novembre 2014

La déclaration suivante (destinée au conseil de la FSI du 12 novembre) est en réponse aux diverses "solutions" avancées (mise en place d’une capacité d’accueil par tirage au sort ou priorités géographiques, Licence à pré-requis instaurant une entrée sur dossier) par le département Biologie-Géosciences pour diminuer le nombre d’étudiants inscrits dans la filière Sciences de la nature.

Conseil de la FSI du 12 novembre 2014

Déclaration intersyndicale : Snesup, Sud Education et Sud Recherche EPST

Le conseil de la FSI est interpellé par le département Biologie & Géosciences sur une demande précise concernant la rentrée 2015-2016 pour le portail SN : choisir entre la mise en place d’une capacité d’accueil ou d’une Licence à Prérequis et proposer ce choix au président de l’université Paul Sabatier et à la rectrice de l’académie.

Nous affirmons que cette démarche auprès de la FSI est inopportune et inappropriée.

Rappelons que la demande du département Biologie & Géosciences vient en « réponse » à l’incapacité du département à accueillir dans des conditions normales la totalité des étudiants inscrits, que ce soit pour l’occupation des amphithéâtres et salles ou pour la capacité à assurer la maquette officielle (actuellement : suppression de tous les TP au S1, suppression de TD).

Cette démarche auprès de la FSI est inopportune. Indépendamment des « solutions » proposées, elle laisse entendre que les « solutions » à trouver dépendent de la FSI. Cela pourrait être vrai si le département Biologie & Géosciences était par exemple victime d’une mauvaise répartition, au sein de la FSI, des moyens (en budget ou personnels), ce qui laisserait envisager un rééquilibrage. On notera que même si cela était vrai, il serait douteux qu’un simple rééquilibrage suffise, tant les manques sont importants. Mais les départements Mécanique, Informatique et EEA ont même un dépassement moyen de service par enseignant-chercheur (heures effectuées au-delà des 192 heures réglementaires) plus important que celui du département Biologie & Géosciences (chiffres SGCE ; on n’évoque pas les chiffres des département LVG – Gestion et Langues –, où ce dépassement est gigantesque, dépassant les 100 heures !). La pénurie de moyens et de personnels affecte donc la FSI globalement, elle n’a pas les clés pour résoudre les difficultés, le fond du problème est ailleurs : c’est l’asphyxie financière des universités. Comment admettre que l’on peut fonctionner avec, simultanément, des centaines d’étudiants en plus et une diminution du budget global, sachant que la prise en charge d’un étudiant est officiellement estimée (chiffres du ministère) à plus de 10 000 euros ?? C’est un non-sens. Faire croire que c’est possible ne relève pas du sens de la responsabilité mais de son contraire.

Cette démarche auprès de la FSI est inappropriée. Deux problèmes se présentent. Le premier est celui de bacheliers qui arrivent à l’université avec un niveau trop faible pour les parcours proposés. Pour éviter l’échec de ces étudiants, la parcours CAP Réussite a été mis en place cette année. C’est un parcours expérimental auquel il faut assurer toutes les chances de réussite. Un second problème est celui déjà évoqué et auquel doit faire face le département Biologie & Géosciences : pouvoir offrir des conditions d’études normales (cours, TD, TP conformes à la maquette et dans des conditions réglementaires) à tous les étudiants qui se présentent. Il s’agit de deux problèmes totalement distincts. La « solution » d’une Licence à Prérequis est donc inappropriée parce qu’elle mélange les deux problèmes (en général, la meilleure façon de ne résoudre aucun des deux...) ; en effet, le principe de la Licence à Prérequis (quelles que soient les modalités choisies parmi les deux présentées par le département Biologie & Géosciences) est de poser un quota d’étudiant et d’envoyer le « trop-plein » en CAP-Réussite.

Bien entendu, la « solution » de la mise en place d’une capacité d’accueil revient à refuser aux bacheliers l’accès à la filière de leur choix. Comme le rappelait le président de l’université Paul Sabatier (entrevue avec les syndicats du 18 novembre 2013), la question ne se pose pas puisqu’il y a une obligation légale à accueillir tout bachelier qui souhaitent venir étudier à l’université.

La démarche du département Biologie & Géosciences a été inspirée par la souffrance de ses personnels, mais nous pensons que ce n’est pas la bonne réponse à la situation actuelle. La véritable nature du problème est ailleurs : il est illusoire de vouloir accueillir plus d’étudiants avec moins de moyens. Nous ne pouvons que souscrire à l’affirmation de B. Monthubert (tribune dans Libération, 22 octobre 2014) :
«  Dans l’enseignement supérieur et la recherche, les énergies se brisent quand la dépense par étudiant est en baisse et que chacun passe l’essentiel de son temps à chercher comment faire des économies plutôt que d’investir dans l’avenir. Les moyens financiers ne sont pas une condition suffisante de la réussite ? Ils en sont néanmoins une condition nécessaire. ».

Aujourd’hui, les « solutions » proposées par le département Biologie & Géosciences ne sont pas adaptées parce qu’elles entérinent un discours d’austérité budgétaire dont on sait qu’il est artificiel (il suffit de penser au Crédit Impôt Recherche et aux sommes - bien supérieures à ce que demanderait un budget décent pour les universités – qu’une réorientation du dispositif permettrait de dégager). La FSI souffre globalement de ces restrictions budgétaires. Elles ont déjà entrainé des baisses substantielles de l’offre de formation et la récente coupe budgétaire de 700 000 euros dans la masse salariale n’est que la suite d’un processus de dégradation qui ne fera que s’accroître si on continue à faire sembalnt de pouvoir faire plus avec moins de budget. Cette dégradation programmée de notre service n’est pas inéluctable et ce n’est pas à la FSI de prendre la décision de s’auto-mutiler.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.